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L’Ordre du Temple - Légendes sur la Survivance du Temple

lundi 15 septembre 2008, par Spartakus FreeMann

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Nous reprenons ici quatre des principales légendes qui entourent la survivance de l’Ordre du Temple après sa dissolution en 1312. En fait, il semble que les histoires sur la survivance de l’Ordre n’ont commencé à circuler que tardivement après sa dissolution par la papauté. Il faudra attendre la fin de la Renaissance et la naissance des mouvements hermétistes et rosicruciens pour voir apparaître les premières prétentions à la filiation templière : « Après la première moitié du XIVe siècle, c’est à dire peu après la dramatique dissolution de l’Ordre, nous n’avons plus aucune trace d’une éventuelle survivance clandestine de l’Ordre, jusqu’au moment de la naissance du « mythe templier » entre le XVIIe et XVIIIe siècle, lorsque plusieurs sociétés secrètes (et parmi elles la Maçonnerie) se déclarèrent les descendants des anciens et infortunés chevaliers du Moyen Age. Cependant, il est difficile d’imaginer que l’activité de l’Ordre ait été totalement interrompue par la condamnation du roi Philippe le Bel et de pape Clément V. Par exemple, au Portugal l’Ordre des Templiers survécut en tant qu’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ (qui était la première véritable dénomination des Chevaliers du Temple) : et donc l’Ordre du Christ susdit et les Templiers ne sont qu’une seule et même chose ! L’Ordre préserva ainsi dans ce pays toutes ses propriétés et ses richesses, en continuant à occuper un rôle très important dans la politique portugaise. On pourrait en dire beaucoup sur l’histoire des Templiers au Portugal, et souligner que dans ce pays ils n’étaient pas des chevaliers quelconque : le royaume portugais avait été justement fondé par des chevaliers templiers au temps des guerres contre les Arabes, et il avait toujours été gouverné en stricte connexion avec l’Ordre. Et c’est chez les Templiers portugais qu’il se produit, un siècle après la dissolution officielle de l’Ordre, l’organisation du grand projet d’exploration du monde - on pourrait se demander alors si une telle entreprise n’avait pas, parmi les conséquences préméditées, le but d’accomplir une sorte de « vengeance » contre l’Eglise Romaine, contre la conception sacrée du monde sur laquelle l’Eglise fondait son autorité et sa doctrine. En effet, même si aujourd’hui la plupart des chercheurs attribue au roi Philippe le Bel et à son avidité la destruction des Templiers, et croit que Clément V ait été sous l’emprise du Roi, on peut penser qu’en vérité l’Eglise ait été impliquée en première personne dans cette action. D’ailleurs, comme dans le cas des persécutions contre les humanistes du XVe siècle que nous avons auparavant décrites, dans le cas des Templiers les accusations d’« hérésie » et de « collusion avec l’ennemi » ne semblent pas sans fondement, et habituellement on oublie que les mêmes accusations avaient été formulées contre l’Ordre par l’empereur Frédéric II » (article publié dans « Politica Hermetica - Les contrées secrètes », N. 12, 1998, L’Âge d’Homme, Paris).

Quant à la survivance supposée du Temple, laissons la parole à René Guénon qui écrit dans « Aperçus sur l’initiation » : « Après la destruction de l’Ordre du Temple, les initiés à l’ésotérisme chrétien se réorganisèrent, en accord avec les initiés à l’ésotérisme islamique, pour maintenir, dans la mesure du possible, le lien qui avait été apparemment rompu par cette destruction ; mais cette réorganisation dut se faire d’une façon plus cachée, invisible en quelque sorte, et sans prendre son appui dans une institution connue extérieurement et qui, comme telle, aurait pu être détruite une fois encore. Les vrais Rose-Croix furent probablement les inspirateurs de cette réorganisation… ».

Pour rappel, en 1972, Laurent Dailliez dénombrait dans le monde quarante-sept groupements néo-templiers. On ne peut douter que, l’inflation spirituelle aidant, ce nombre soit, aujourd’hui, plus important.

4.1. Le filiation de Beaujeu

Selon un certain document, Jacques de Molay quelques jours avant sa mort, confia la tâche à François de Beaujeu, qui n’était un membre de l’Ordre, de récupérer un écrin de cristal.

De Molay aurait initié Beaujeu et lui aurait confié la mission d’assurer la survie du Temple.

Quand Jacques de Molay mourut, Beaujeu réunit neuf chevaliers de l’Ordre rescapé de la rafle et ils auraient juré de maintenir l’Ordre en vie.

« Lorsque le Gr. Maître Molay s’aperçut par la tournure, que l’iniquité donna au procès institué contre lui, qu’il n’y avait plus d’espoir, ni pour lui ni pour l’ordre, il prit son parti et ne songea plus qu’aux moyens de conserver, de propager et de perpétuer les sublimes connaissances et les principes fondamentaux de l’Ordre.

Il jeta à cet effet les yeux sur son neveu le comte de Beaujeu qui depuis longtemps avait témoigné une vocation décidé pour entrer dans l’Ordre et l’ayant fait appeler quelques jours avant son supplice il déposa dans son sein les malheurs inévitables qui menaçaient l’ordre, et le projet qu’il avait formé sur lui…

… Dès que Molay eut expiré, Beaujeu se mit en devoir de s’acquitter de ses engagements. Il s’assura 9 chevaliers, restes infortunés échappés aux fureurs de la persécution et aux terreurs des supplices ; il mêla son sang avec celui de ces frères et fit vœux de propager l’ordre sur le globe tant qu’il se trouveraient neuf architectes parfaits…

Après la mort de Beaujeu le siège magistral chut à Aumont, un des Templiers dispersés qui s’étaient refugiés en Ecosse…

… Cependant depuis Beaujeu l’ordre n’a jamais cessé un instant de subsister. » (Manuscrit original, environ 1760, Strasbourg ; Transcription par G.A. Schiffmann, 1882)

4.2. La filiation d’Aumont

Au soir du 18 mars 1314, Aumont et 7 autres chevaliers auraient récupéré les cendres de Jacques de Molay et crié les mots « Mac Benach » (la chair se détache) en jurant de venger l’Ordre. Aumont se serait alors rendu en Écosse et, sur l’île de Mull, il aurait été désigné comme nouveau grand Maître de l’Ordre le 24 juin 1315.

Ce noyau de Templiers serait à l’origine de la constitution de la loge maçonnique Heredom ou « Sainte Maison ».

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