LE RITUEL MINEUR DU PENTAGRAMME
ET LA PRONONCIATION DE L'HEBREU


Le Rituel Mineur de Pentagramme est issu du matériel de l'Ordre Hermétique de L'Aube Dorée (Golden Dawn). La caractéristique principale de cette école est son esprit de synthèse. La G.D étant à la mode, on voit ici ou là tout un tas de développements et enrichissements de ce rituel dont un certain nombre de points restent pourtant énigmatiques...

Le rituel en question, comme la plupart des rituels, est basé sur:

- des "Mots de Pouvoirs" en Hébreu équilibrés entre eux,

- un symbolisme géométrique et numéral (Pentagramme, Croix, etc...),

- des gestes accompagnant harmonieusement le tout.

En général, on cherche à renforcer le rituel en rajoutant des correspondances, comme si l'on cherchait à justifier ou à expliquer les gestes rituels, donc codés. Plus qu'autre chose, on cherche à s'occuper l'esprit probablement. On peut penser qu'un codage qabalistique fonctionne à la manière des dilutions homéopathiques : plus le produit de base est dilué dans son support (eau pure par exemple), plus il agit en profondeur, spirituellement; de même, en qabal, un codage ou une ritualisation servent à diluer le contenu d'un point de vue intellectuel, le contenu devient un symbole et le symbolisme est le langage de la psyché.

Un exemple tiré du rituel du Pentagramme: la formule AGLA qui est un "Notarikon" (un sigle) est peut être plus approprié dans le rituel que sa forme décodée, néanmoins plus utile à la compréhension et à l'étude : ATHa GiBVR LOLaM ADoNaI (Tu es fort à jamais Seigneur.).

Une étude n'aura donc pas pour but de rajouter des informations sur les couleurs, visualisations etc.... mais de proposer une base de recherches sur un domaine difficile lorsque l'on aborde la Qabal, la prononciation de l'Hébreu.

Il n'y a pas de règles absolues dans ce domaine, il n'y a pas de prononciation correcte ou incorrecte, il y a un grand nombre de pistes à étudier.

Tout d'abord l'Hébreu est composé de deux sortes de caractères: les lettres (consonnes et voyelles) proprement dites et un système de vocalisation - les points-voyelles - qui servira à "colorer" la matière de base (la lettre) d'une fréquence porteuse. On pourrait dire que la lettre est un message et la voyelle le moyen de transport (courrier, téléphone ...) pour la mener au but. Nous avons déjà là matière à travailler : nous avons 5 voyelles correspondant aux quatre éléments et à la Quintessence. A (Quintessence), I (FEU), E (AIR), O(EAU), U(ou) (TERRE) . Ceci n'est qu'un système et n'a donc rien d'absolu.

Les points voyelles correspondants sont, dans le même ordre:
(X, pour une consonne quelconque)

- Qamats:

- Hiriq:

- Tséré:

- Holam:

- Quoubbouts:

Ce choix est inspiré d'Abraham Aboulafia.

Un des buts est de bien prononcer et de faire vibrer la partie du corps "subtil", "psychique" correspondant, que ce soit du point de vue du symbolisme des Séphiroth ou de celui des Chackras... Il faut également rechercher la fréquence (le "ton") de vibration; d'où l'importance du chant dans certaines liturgies. Pour cela, on pourra s'exercer en vibrant l'une des voyelles (puis toutes les unes après les autres) depuis la note la plus grave jusqu'à la note la plus aiguë, dans un seul expir.

Revenons maintenant aux lettres - les consonnes. On les prendra chacune séparément et on leur adjoindra une voyelle qui pourra être placée avant la lettre (exemple: êêemmm...), ou après (exemple: mmmêêê...).

Ces lettres se prononcent comme ceci :

[A] ALEF : ... (cette lettre elle même ne produit aucun son)
[B] BET : Be ou Ve (lettre double, voir le " Sepher Yetsirah ")
[G] GUIMEL : Gue ou Dje
[D] DALET : De ou ? (prononciation double inconnue, peut-être Dz?)
[H] HE : He (comme Hé!)
[V] VAV :
Ve (ou bien comme Aleph si la voyelle du Vav ou de la lettre précédente est un Holam ou un Quoubbouts)
[Z] ZAIN : Ze
[Ch] HET : Ch (à l'Allemande)
[T] TET : Te
[I] IOD : Ye
[K] CAPH : Ke ou CHe (comme pour Het)
[L] LAMED : Le
[M] MEM : Me
[N] NOUN : Ne
[S] SAMECH : Se
[O] AYN : comme Aleph en plus guttural
[P] PHE : Pè ou Fe
[Tz] TZADDE : Te
[Q] QOPH : Que (comme Qabal)
[R] RESH : Re (double prononciation inconnue)
[Sh] SHIN : She ou Se
[Th] TAV : Te ou entre "Ts" et "Tz". peut être.



[AHIH] Se lira, si on rajoute un Qamats sous chaque lettre:

A-HA-YA-HA

Pour en revenir au rituel du Pentagramme, les 4 directions ont une attribution élémentaire: l'Air à l'Est, le Feu au Sud, l'eau à l'Ouest et la Terre au Nord.

On pourra rajouter aux lettres des Noms Divins vibrés dans les pentagrammes, la voyelle correspondante, ou bien rechercher un mélange équilibré approprié à l'élément. Le résultat ne ressemblera certainement pas à la prononciation classique mais cette méthode plus mathématique, est déjà consignée dans les manuels de Qabal pratique du XIIème siècle, sans parler du Sepher Yetsirah.

Le même Abraham Aboulafia conseille, pendant la récitation des Noms de Dieu, une respiration particulière assez proche de notre respiration "carrée", une longue inspiration, durant tout l'expir, (d'une durée égale à celle de l'inspir) la vibration de la lettre vocalisée, puis tenue des poumons vides (d'une durée égale à celle de l'inspir).

Respiration carrée: 4 secondes d'inspir, 4 secondes de tenue, 4 secondes d'expir, puis 4 seconde de tenue à vide. Les durées peuvent être allongées. Cette respiration sert de préparation à la méditation.

[IHVH] Nous pouvons, avec ces bases nous exercer sur les deux principaux Noms de Dieu: Iod-He-Vav-He, qui est le verbe " être " conjugué à tous les temps, et Aleph-He-Iod-HE, qui est le même verbe à aucun temps (si l'on peut dire...). Les lettres qui les composent, toutes consonnes qu'elles soient, peuvent être prises pour leurs équivalents en voyelles: Aleph : A Esprit Iod: I FEU He: E AIR Vav: O EAU et le He final de Y-H-V-H: U (ou) TERRE.

Le Aleph, par sa prononciation muette, sa place dans l'alphabeth et son attribution (quint) essentielle peut être la lettre appropriée à dynamiser les lettres des noms que l'on étudie; on pourra donc le rajouter avant ou après celle-ci avec une voyelle appropriée (les permutations et combinaisons sont alors innombrables), par exemple pour ADNI (ADONAI, Seigneur) nous avons: - A-A/A-D/A-N/A-I ou bien: A-A/DA/N-A/I-A. Rajouter une série de points-voyelles et vous aurez sujet à méditer, ou tout du moins quelques heures de travail !

Pour finir, précisons qu'il y a trois degrés de travail sur l'alphabet, à savoir:

L'écriture et l'alphabet, peut-être l'Hébreu carré ou son ancêtre Chaldéen: travail extérieur.

La prononciation, travail extérieur et intérieur.

La pensée et les perceptions mentales, la visualisation, donc travail intérieur.

Ils doivent aller de pair. Un verset de la Bible (Exode XX,7) précise que l'on ne doit pas prononcer le Nom de Dieu en vain... Souhaitons que ce travail ne soit pas vain.



© Matthieu LEON, 1988