LE SCORPION
UN DRAME EN TROIS ACTES
par
ALEISTER CROWLEY
ACTE III
PERSONNAGES
SIRE RINALDO DE LA CHAPELLE, Grand-Maître du Temple.
UN EVEQUE.
UN REPRESENTANT DU ROI DE JERUSALEM.
LE GRAND-MAITRE DES CHEVALIERS DE SAINT JEAN.
LE GRAND-MAITRE DES CHEVALIERS DE MALTE.
CLERC, AUDENCIERS, AVOCATS, etc.
TORTIONNAIRES.
UN MEDECIN.
LE ROI DE JERUSALEM.
DE NOMBREUX DIGNITAIRES ET LEURS DAMES.
LA FOULE.
ISAAC, un juif.
UN GAMIN.
LAYLAH, maintenant connue sous le nom de Princesse Koureddin.
ACTE III
SCENE I : Vingt ans plus tard à Jérusalem. La Salle du Conseil du Grand Tribunal. Un Evêque pour Grand Inquisiteur. A sa droite RINALDO, désormais Grand-Maître du Temple; à sa gauche le Grand-Maître des Chevaliers de Malte. Derrière eux, le Grand-Maître des Chevaliers de Saint Jean et le représentant du Roi de Jérusalem. Clercs, audienciers, etc. Une garde militaire. Des fonctionnaires ecclésiastiques de toutes sortes. LAYLAH, sans voile et sous bonne garde, balafrée, portant les traces de coups d'épée, une virago dure et farouche.
L'EVEQUE. Qu'on lise l'acte d'accusation.
LE GREFFIER DU TRIBUNAL. Princesse Kaha-ud-din ou Koureddin, tu es accusée de sorcellerie. Premièrement, la nuit de la victoire que les Croisés remportèrent par les armes ainsi que par la grâce de Dieu, durant une période de trêve, tu fis une sortie, escortée d'une horde de femmes et d'esclaves, par beaucoup tenus pour des démons, afin d'attaquer et détruire les armées des Croisés.
LE PROCUREUR. Nous soutenons qu'il s'agit là de sorcellerie. De quelle autre manière un ramassis de femmes et d'esclaves aurait-il pu vaincre les héros qui, au nombre d'à peine deux mille, avaient le même jour défait quatre cent mille ou plus de vos meilleurs guerriers ?
LAYLAH. Le Dieu des Combats était de notre côté.
L'EVEQUE. Ma fille, Dieu est amour.
LAYLAH. Messire évêque, j'ai entendu trois fois cette phrase en soixante ans. La première fois, un homme en usa pour anéantir une enfant, la seconde un enfant s'en servit pour tuer son frère; cette fois vous l'employez afin de torturer et brûler un adversaire honorable.
L4EVEQUE. Tu blasphème, fille du diable. Tais-toi ! Du premier chef : coupable.
(Plusieurs MEMBRES DU JURY, mais pas RINALDO, répètent "Coupable." Durant toute cette scène, RINALDO se tient assis, immobile et silencieux, sauf que de temps à autre il fait un geste de dégoût et d'impatience.)
LE GREFFIER. Deuxièmement, tu es accusée d'être depuis vingt ans à la tête d'une troupe de scélérats, laquelle constamment attaque les défenseurs du sépulcre, avec grande malice et haine mortelle.
LE PROCUREUR. Nous soutenons qu'aucune femme n'aurait pu réussir cela sans l'aide de Satan.
LAYLAH. Didon, Reine de Carthage, était une guerrière renommée, de même que Sémiramis, Reine de Ninive.
L'EVEQUE. Toutes deux des païennes. Du second chef : coupable.
(Les MEMBRES DU JURY répètent "Coupable".)
LE GREFFIER. Troisièmement, d'avoir abandonné la pudeur qui sied à la femme et d'avoir revêtu une armure enchantée.
LE PROCUREUR. Nous soutenons que, de nombreux et vaillants guerriers n'ayant pas réussi à transpercer par la lance ou l'épée, c'était œuvre de magie et de l'art interdit.
LAYLAH (méprisante.) C'était une bonne armure.
L'EVEQUE. La prisonnière se moque de nous. Du troisième chef : coupable.
(Les MEMBRES DU JURY répètent "Coupable.")
LE GREFFIER. Quatrièmement, d'avoir à la minuit de la Saint-Martin, il y a dix-huit ans, dans la vallée de Hinnom, sur la pierre nommée Succoth, signé un pacte diabolique avec Satan, grâce auquel pacte il t'octroya la pouvoir de changer de sexe à volonté, pouvoir dont tu usa pour devenir père d'une multitude de démons, et en particulier d'avoir par nuit voyagé sous forme de chouette pour nuire à la vertu de nombreuses et saintes servantes de la Vraie Foi, notamment du couvent de Sainte-Anne en cette ville, causant la possession et la destruction des corps comme des âmes de ces pauvres nonnes.
LE PROCUREUR. Nous soutenons qu'il s'agit là de sorcellerie pure et simple.
(LAYLAH ne prête pas attention.)
L'EVEQUE. Se taire lorsqu'on est sous le coup d'un tel chef d'accusation est contumace et équivaut à un aveu. Du quatrième chef : coupable.
(Les MEMBRES DU JURY répètent "Coupable.")
LE GREFFIER. Cinquièmement, d'avoir sous la forme d'une chauve-souris bu le sang d'enfants endormis, et d'avoir ensorcelé du bétail au détriment de Saints Ordres dont celui des Chevaliers Hospitaliers, légitimes propriétaires du bétail précité.
LE PROCUREUR. Voilà qui signe bien la sorcière !
LAYLAH. Votre Sauveur avait envoyé des démons dans les porcs.
L'EVEQUE. Blasphèmes sur blasphèmes ! (Il se signe.) Assurément, le diable seul tiendrait pareil discours. Du cinquième chef : coupable.
(Les MEMBRES DU JURY répètent "Coupable.")
LE GREFFIER. Sixièmement...
L'EVEQUE. Cessons là, mon bon ami. N'en avons-nous point suffisamment entendu ? Faut-il continuer à souiller les oreilles de la Cour par le récit de ces abominations ?
G.-M. DES CHEVALIERS DE SAINT JEAN. Nous en avons assez entendu.
G.-M. DES CHEVALIERS DE MALTE. Assez, Monseigneur.
LE REPRESENTANT DU ROI DE JERUSALEM. Assez.
L'EVEQUE (à RINALDO.) Et vous, Grand-Maître ?
RINALDO. Plus qu'assez.
L'EVEQUE. Ma bien chère fille ! Dieu ne souhaite la mort de personne, mais veut au contraire que tous se repentent et soient sauvés. C'est donc la disposition la plus clémente de notre juste et miséricordieuse loi que personne ne puisse être condamné sans pouvoir se confesser. Je vous exhorte à faire la paix avec Dieu et avec les hommes.
LAYLAH. Paix, paix ! Alors qu'il n'est point de paix.
L'EVEQUE. Ainsi parle une âme perdue. Confesse-toi, ma bien chère fille. Brise les fers qui t'enchaînent à Satan.
LAYLAH (tirant sur ses entraves.) Ils sont solides.
L'EVEQUE. Ce n'est pas l'insulte qui nous pourra détourner de notre dessein très miséricordieux. Qu'on aille chercher les exécuteurs des hautes œuvres.
(Un CLERC s'en va les chercher. Ils entrent avec leurs instruments, accompagnés d'un MEDECIN.)
LAYLAH. Votre acier contre ma volonté. Un combat équitable.
L'EVEQUE. Appliquez les poucettes.
(Les TORTIONNAIRES enchaînent LAYLAH puis s'exécutent.)
(Au G.-M. DE SAINT JEAN.) Mon cuisinier est un grand fripon, voyez-vous. Je lui ai ordonné de me préparer du pâté de caille pour ce soir et ce vaurien m'a juré qu'il n'y avait pas de cailles sur le marché. Or, en m'y promenant ce matin, j'y ai vu des cailles de mes propres yeux. Il y en avait tant que cela rappelait les enfants d'Israël recevant miraculeusement la manne.
G.-M. DE SAINT JEAN. Ce sera un autre miracle si le coquin s'en sort vivant. Ceci dit, Monseigneur accepterait-il de souper en ma compagnie ce soir ?
L'EVEQUE. C'est avec plaisir que j'accepte l'invitation du Grand-Maître des Chevaliers de Saint Jean.
PREMIER TORTIONNAIRE. Monseigneur, le crois avoir entendu un soupir.
LE MEDECIN. Avec votre permission, Monseigneur, je me risquerai à penser qu'il ne s'agit là que d'un mouvement naturel du corps. Elle a mordu sa lèvre.
L'EVEQUE. Quel perversité ! En vérité, mes Seigneurs, Satan a bien du pouvoir ces derniers temps, comme dit Saint Paul dans son Epître aux Romains. Forcez la bouche à demeurer ouverte.
(L'un des TORTIONNAIRES s'exécute.)
LE MEDECIN. Pardonnez, Monseigneur, si elle ne profère aucun son. Elle a avalé sa langue, une insigne diablerie des enchanteurs arabes. Avec votre permission, Monseigneur, la langue doit être tirée en avant. Que Monseigneur m'excuse, mais son âme serait perdue si elle suffoquait maintenant.
L'EVEQUE. Très juste. Assumez-en la responsabilité ! Redoublez la pression des poucettes !
(Un TORTIONNAIRE tire sa langue vers l'avant à l'aide d'une pince. LAYLAH gémit.)
TORTIONNAIRE. J'ai assurément entendu quelque chose.
L'EVEQUE. De net ?
TORTIONNAIRE. Je ne saurais dire, Monseigneur.
L'EVEQUE. Les aiguilles.
TORTIONNAIRE. Elles sont chauffées à blanc. Combien, Monseigneur ?
L'EVEQUE. Trois pour chaque œil devraient suffire.
TORTIONNAIRE. Voilà qui est fait. Il y a un son qui ressemble à "wa."
LE MEDECIN (triomphant.) "Aiwa", Monseigneur, c'est "aiwa" sans aucun doute. Cela veut dire "oui" dans la langue de ces païens.
L'EVEQUE. J'ai entendu. Nous l'avons tous entendu. Gloire à Dieu ! Relâchez la prisonnière.
(LAYLAH est libérée. Elle tombe à terre, inconsciente.)
Greffier, notez que la prisonnière a fait des aveux complets et se repent de ses crimes, désirant se réconcilier avec Dieu et Sa Sainte Eglise. Mon propre aumônier la baptisera et lui administrera les sacrements. Gloire à Dieu au plus haut des cieux pour une âme supplémentaire arrachée aux griffes de Satan.
Ma bien chère fille, tu es désormais en paix avec Dieu et Sa Sainte Eglise. Tes péchés te seront pardonnés. Mais le bras séculier n'a pas encore obtenu satisfaction : tes crimes, les crimes que tu as avoués, doivent être expiés conformément à la loi. La sentence de la Cour est que tu dois être remise au bras séculier; et je vous implore (il se retourne vers le Représentant du Roi de Jérusalem), la Cour vous implore, de traiter la prisonnière avec clémence, sans effusion de sang.
LE REPRESENTANT DU ROI DE JERUSALEM. Nous préparons un bûcher. (Aux soldats.) Enfermez la prisonnière dans le plus sûr des cachots et triplez la garde. Les artifices de la sorcellerie sont légion.
L'EVEQUE. La Cour est dissoute. Mes seigneurs, déjeunerez-vous avec moi ?
(Les MEMBRES DU JURY murmurent leur assentiment.)
RINALDO. Merci, Monseigneur, mais j'ai la panse pleine.
(Les autres échangent des regards puis s'en vont. RINALDO demeure seul. Il va à l'endroit où LAYLAH fut torturée.)
Il y a du sang sur le sol. Il est tombé de sa lèvre qu'elle a mordue... Pilate lava ses mains dans l'eau. Si seulement je pouvais laver les miennes dans le sang, le sang de ces monstres de cruauté - non, de stupidité. Mais je suis trop vieux. J'ai tout donné pour le pouvoir, et j'ai employé tout mon pouvoir en vue de mettre fin à ce différend, le supprimer, l'éradiquer. Et pour finir, je me suis retrouvé comme un chien édenté. J'aurais pu vaincre la bigoterie... c'est cette montagne de bêtise qui m'écrase. Vais-je convoquer mes chevaliers pour que nous rallions l'armée Sarrasine ? Ne serait-ce que pour troquer l'équilibre, troquer la croix, imbibée du sang de l'humanité, contre le croissant, pâle flamme de folie. Ah, si je pouvais tous deux les détruire !... Je me suis efforcé, il y a maintenant quarante ans, de les réconcilier par l'amour, par la compassion. Qu'en est-il résulté ? Des ébats criminels, stériles comme le sont toutes mes pensées. Rien, rien n'est jamais issu de tout ce que j'ai pu faire. Bien que j'ai frôlé le triomphe, car ce fut mon seul aperçu de l'amour. Je n'ai jamais aimé depuis lors, de même que je n'avais très certainement jamais aimé auparavant. Elle est morte il y a bien longtemps... Oh, ces années de carnages ! Le Saint Sépulcre qui recelait le corps de Celui dont fut versé le sang innocent ne vaut pas une seule goutte de sang innocent - tel celui-ci (Il se penche, trempe son doigt dans le sang puis se signe le front avec.) Le signe de Caïn ! Cela l'aurait-il sauvée si j'avais plongé ma dague dans cette gorge d'hypocrite ? Je ne puis rien faire d'autre qu'attendre, liant par un serment des chevaliers choisis - le serment des Chevaliers du Royal Mystère... que Dieu est un, qu'aimer Dieu et l'homme suffit largement... Paix, Tolérance, Vérité. Paul peut planter, et Apollon arroser, mais c'est Dieu qui fait croître. Si je m'écrie "A bas la tyrannie ! A bas la superstition et l'imposture !", le premier chevalier me croira fou; le second que cela cache quelque vile ruse à son égard; le troisième que je parle des Sarrasins; le quatrième soupçonnera la vérité... et me tuera. Bientôt... Bientôt...
(Il sort, l'air affligé.)
RIDEAU
SCENE II : Quelques jours plus tard. Une place publique de Jérusalem. Au milieu : un grand bûcher avec des fagots. Des sièges pour les dignitaires : trente ou quarante sont présents, accompagnés de leurs épouses pour la plupart. Est également présente une foule hétéroclite d'individus appartenant à toutes les classes de la société, Chrétienne comme Sarrasine. L'on remarquera tout spécialement la présence d'ISAAC, un juif avec de l'embonpoint et de caractère égal et d'un GAMIN d'environ douze ans. Au premier plan se trouvent des jongleurs, des saltimbanques, des chanteurs et des danseurs, des colporteurs, etc., tous exerçant joyeusement leurs activités. Entre maintenant le Cortège Officiel, la garde écartant tous ces gens. Ils gagnent leurs places en bavardant. L'Evêque va à son trône, revêtu de tous ses vêtements sacerdotaux. Il est assisté de trois acolytes, portant clochette, livre et cierge. On amène LAYLAH qu'on lie au bûcher. L'Evêque se lève à un signe du Roi et entame une longue déclamation en latin. La confusion générale s'atténue graduellement.
LE GAMIN. Oncle Isaac, prends-moi sur tes solides épaules. Je veux voir brûler la sorcière.
ISAAC. Chaque chose en son temps. Je crois que l'Evêque est encore en train de proférer ses imprécations.
L'EVEQUE. (il conclut en haussant la voix afin de couvrir le bruit de toutes les conversations.) In Saecula Saecularum. Amen !
TOUS. Amen !
ROI DE JERUSALEM (sur un trône auprès de l'EVEQUE) Que la sentence soit exécutée.
(Le BOURREAU amène sa torche qu'il allume au cierge de l'EVEQUE.)
L'EVEQUE. (faisant un signe de bénédiction.) Absolvo te.
(Le BOURREAU jette sa torche dans le bûcher. Des flammes s'élèvent. Au même moment, le vent se lève tout à coup avec violence et le ciel s'obscurcit. Il n'y a d'autre lumière que celle des flammes tremblotantes du bûcher.)
(Toute l'assistance est effrayée, nombreuses exclamations.)
L'EVEQUE. Sorcellerie !
(Il tremble sur son trône.)
(Mouvements confus de l'assistance. Certains veulent s'enfuir, d'autres cherchent une meilleure place.)
ROI DE JERUSALEM. Gardes, maintenez l'ordre !
(Les gardes rétablissent l'ordre, non sans violence.)
LE GAMIN. Oncle Isaac, prends-moi sur tes épaules !
ISAAC; Mais pourquoi veux-tu voir brûler une sorcière, mon garçon ?
(Il hisse l'enfant sur ses épaules.)
LE GAMIN. Oh, c'est beau !
ISAAC. Je crois que tu t'affoles pour rien. Cette femme n'est en aucun cas une sorcière. Elle était meilleur et plus brave soldat que tous leurs chevaliers, et lorsqu'enfin ils la capturèrent... tu vois le résultat !
LE GAMIN. C'est une Sarrasine, n'est-ce pas ?
ISAAC. Oui. Si seulement nous autres juifs avions aujourd'hui une femme comme elle ! Autrefois, il y eut Déborah, et Jael, et Judith. Mais le gloire s'en est allée, mon garçon, la gloire s'en est allée.
LE GAMIN. Je suis un Sarrasin, tu sais.
ISAAC. Tu es surtout lourd comme un matelot !
LE GAMIN. Voilà que les flammes s'attaquent à son corps. Oh ! je sens une telle colère en moi, une telle colère.
ISAAC. Tu ne dois pas te mettre en colère si tu veux un jour t'engraisser.
LE GAMIN. Je ne veux pas m'engraisser. Je veux tous les tuer.
ISAAC. Oui, oui, un jour, si tu es sage.
LE GAMIN. Oui, je le serai.
ISAAC. Tiens, le vent a ouvert sa robe. Qu'est-ce donc ? Des diamants, par Abraham ! Quel gâchis ! Quel terrible gâchis !
RINALDO (se levant de son siège.) Le scorpion !
(Il fonce jusqu'au bûcher pour y étreindre LAYLAH dans ses bras.)
Laylah ! Mon seul amour !
LAYLAH. Rinaldo !
RINALDO. Nous ne pouvons vivre ensemble. Dieu est amour : il nous permet de mourir ensemble.
LAYLAH. Enfin ensemble !
RINALDO. Toi et moi, ma bien-aimée, toi et moi.
LAYLAH. Toi et moi.
(Les flammes montent jusqu'au ciel avec un rugissement. RINALDO et LAYLAH ont disparu.)
LA GAMIN. Qu'a-t-il fait ?
ISAAC. Il tentait de sauver les diamants. Il était le Grand-Maître du Temple. C'était son cimier, elle avait dû lui dérober. Un scorpion en diamants ! Oh là là ! Mon Dieu !
LE GAMIN. Je serai un dragon, avec des ailes. Ils ne me brûleront pas, je les brûlerai.
ISAAC. Bien sûr que tu le feras, petit exalté. Quel est ton nom, déjà ?
LE GAMIN. Saladin.
Ó
Les Gouttelettes de Rosées & Philippe Pissier 1998 - ISBN 2-911651-08-1 Ó Morgane's World pour la présente édition électronique et mise au format HTML.Ó Traduction Philippe Pissier 1998